Demande d'augmentation : trouvez les bons arguments

Plus une intervention orale est brève, plus elle exige une préparation de bonne qualité. Ne vous méprenez pas : si l’orateur a du talent, c’est qu’il a beaucoup travaillé en coulisse. Ne vous laissez pas aller à un optimisme naïf : « J’ai juste quelques mots à dire au directeur, ça ira comme ça… », pour découvrir que, face à lui, vous n’avez pas été aussi pertinent que vous l’auriez voulu. Savoir se préparer, surtout pour une communication rapide, est une affaire de méthode et d’expérience.

Produisez des idées sans contrainte

Voici trois étapes qui vous permettront d’être prêt le jour J :

- Quelques jours avant votre intervention, consacrez 20 minutes à chercher en toute liberté toutes les idées, tous les arguments qui vous viennent à l’esprit pour défendre votre projet. Cela favorisera votre activité mentale sans trop de pression. Avec le temps, vous aborderez plus aisément les questions sous des angles différents, alors que dans la précipitation, vous ne pouvez envisager qu’une seule solution qui n’est peut-être pas la bonne.

- Approfondissez votre réflexion en vous posant des questions ouvertes pour vous obliger à penser plus « large » : Quoi ? Qui ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Combien ? Qu’est-ce que ? Comment ? De quelle façon ? De quelle manière ? Par quels moyens ? 
Cela vous permettra également de commencer à envisager les éventuelles objections que l’on pourrait vous faire.

- Notez par écrit toutes vos idées sans trop vous soucier de la formulation. Gardez précieusement cette liste car vous devrez y ajouter vos prochaines idées dès qu’elles vous viendront à l’esprit.

Sélectionnez vos idées
Plus votre communication est brève, plus l’étape de la sélection des idées est décisive. Puisque vous ne pouvez pas tout dire et encore moins tout développer, vous devez impérativement
faire ce tri en amont :

- Reprenez votre liste d’idées et arguments et relisez-les. Évaluez-les et cherchez la meilleure formulation possible pour chacun d’entre eux.

- Dressez votre nouvelle liste et utilisez-la pour établir des comparaisons. Regroupez les idées proches, notez celles qui se contredisent. Pesez le pour et le contre de chaque idée.

- Prenez maintenant une autre feuille, hiérarchisez vos idées en leur attribuant des numéros.Commencez par l’argument qui vous paraît prioritaire : c’est celui qui vous semble le plus précis, le plus clair, le plus pertinent.

- Sur cette liste, sériez vos arguments en les stabilotant selon leur nature : arguments forts ou arguments plus fragiles. Pour cela, interrogez-vous en imaginant les objections que vous pouvez déclencher. Si vous ne trouvez pas d’objections particulières pour un argument, c’est un argument fort. Dans ce cas, vous disposez d’un fait, d’un chiffre ou d’un témoignage pour l’étayer.

- Une fois établie cette liste d’arguments forts et faibles, ne considérez pas que votre travail est fini, ni que la sélection ou la hiérarchisation opérée est définitive. Gardez l’esprit ouvert à toute nouvelle idée même si cela remettait en cause ce premier tri.

- Sachez lutter contre toute fébrilité durant la préparation, donnez-vous toutes vos chances pour tirer le meilleur parti de votre réflexion durant ce travail en coulisses. Restez souple.

Imprégnez-vous de vos idées
Une fois que votre sélection est faite, vous devez vous imprégner de vos idées pour ne pas perdre pied le jour J :

- Pour être à l’aise le jour J : vous devez donc vous familiariser avec ce que vous allez dire (idées principales, arguments, anecdotes, chiffres…).
                   – relisez vos notes écrites plusieurs fois ;
                   – sollicitez votre mémoire et répétez en silence ou à haute voix votre argumentation dans sa version actuelle. Plus vous répéterez, plus vous serez à l’aise à manier ces divers arguments ;
                   – répétez ce travail de restitution de vos arguments forts à différents moments de la journée jusqu’à ce que les enchaînements soient fluides et naturels et que vous vous sentiez totalement à l’aise.

- Pour être plus en confiance : testez vos arguments sur un public averti ou non. Cherchez des personnes proches du public à qui vous allez vous adresser ou des personnes dont les critiques vous seront utiles pour affiner ou affûter vos arguments. Ainsi vous aurez une première idée de l’impact de votre propos et vous pourrez mieux ajuster votre discours.

Pour vivre sereinement cet exercice de préparation, dites-vous qu’il n’y a pas d’enjeu, que cela va vous permettre de rôder votre discours et que ce test sera un jeu enrichissant.


Extrait de l'ouvrage "Sept minutes pour convaincre" (Lionel BELLENGER ; ESF éditeur)
En savoir plus sur "Sept minutes pour convaincre

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